Dans la famille vigne, je voudrais le Père

À la vigne, le padre c’est l’Aunis. Le pineau d’Aunis pour être plus exact. C’est NOTRE cépage emblématique !

Il est robuste, rustique, un peu caractériel. À travers ma (pour le moment) courte expérience je dirais qu’il est plutôt facile à la vigne (peu risqué en matière de gel, moins sensible à la maladie, des rameaux au port bien dressé) et un peu contrariant en cave. Il faut savoir le prendre pour extraire en douceur et en délicatesse ses arômes. Mais au final on ne peut pas s’en passer.

Bref, un vrai papa !

Les petits grandissent vite !

En ce moment, voilà à quoi ressemblent les petits du Cochon Zébré …

Les raisins grossissent tranquillement et sainement. Les températures plus fraîches ne précipitent pas leur croissance. Le vignoble est indemne de maladie. Je suis occupée à palisser les vignes (maintenir la végétation entre les fils) et à travailler les sols pour limiter l’enherbement afin que ce dernier ne vienne pas concurrencer la vigne.

Les légumes (carottes et betterave) sont semées et font la course avec les adventices (« mauvaises herbes ») que je vais devoir m’atteler à retirer.

Salon des vins Côteaux du Loir et Jasnières au Mans – 4 et 5 juillet 2020

La ferme du Cochon Zébré vous accueille le premier samedi de chaque mois ! Mais en juillet, les 4 et 5, c’est à l’Abbaye de l’Epau (le Mans) qu’il faut venir !

Le Salon des vins Côteaux du Loir et Jasnières a lieu dans ce cadre somptueux et j’y serai pour vous faire découvrir ou redécouvrir les deux cuvées 2019 ainsi que le jus de betterave / pomme.

Les bouteilles sont réutilisables !

Les bouteilles de vins (et bientôt celles de jus !) sont réutilisables ! Si elles portent le logo « Bout à bout » vous pouvez les rapporter à la ferme. Je les stocke et les renvoie dans la filière de consigne des Pays de la Loire « Bout à Bout ». Elles seront lavées, reconditionnées et je les récupère pour une prochaine mise en bouteille.

Acheminer, laver et reconditionner les bouteilles est moins coûteux énergétiquement que collecter, concasser et refondre le verre.

La vigne fleurit

En toute discrétion, en émanant une odeur délicate, la vigne fleurit ces jours-ci. Le temps est idéal pour la floraison : du soleil et du vent. Les parcelles de Chenin les plus hautes en « altitude » sont complètement en fleur. Le Pineau d’Aunis lui n’a pas encore commencé. Chacun son tour.

Cette étape est délicate. Si la floraison ne se déroule pas correctement la fécondation des fleurs n’est pas optimale. Il faut qu’au moins deux des quatre ovules soient fécondés. Ce sont deux pépins !

Réflexion virale

Et en 2020, le Covid s’invita à notre printemps. Quel chamboulement (le mot est faible pour les familles endeuillées et les travailleurs exténués) !

A la ferme, rien n’a vraiment changé. Les vignes nous ont rappelé (très tôt) qu’elles avaient un objectif : pousser, grandir, grossir. Le paysage est cependant devenu plus silencieux et les routes moins fréquentées. Pompon et moi-même n’en étions que plus à l’aise.

Sandra, maraîchère à Ruillé-sur- Loir à mobiliser différents producteurs pour créer un point de distribution de nos produits en toute sécurité. Un groupe de producteurs s’est donc organisé et fédéré autour d’elle. Aujourd’hui, nous avons un point de vente à Ruillé sur Loir et nous travaillons pour le pérenniser.

D’autres réseaux de ce type se sont mis en place à travers la France. Ce que nous pouvons remarquer c’est que les petites structures agricoles sont réactives, inventives et proches de leurs clients. C’est ce en quoi je crois pour l’avenir et j’espère que vous y trouverez votre place.

J’ai confiné mes vins !!

Après avoir bichonné les vignes, redressé leurs branches, soigné leurs maux et cueilli leurs fruits, je me suis appliquée à créé à partir d’eux deux cuvées. Mes premiers vins. Mon premier millésime.

Il était temps de les enfermer dans les flacons qui j’espère rejoindront vos tables ! Mais avant cela il faut goûter et analyser les vins. Le vin qui est en cuve à la cave n’est pas exactement celui que vous trouvez en bouteille. Il est moins limpide, plus gazeux, un peu fragile parfois. Un vin est unique. Ces composants ne sont jamais équilibrés de la même manière et il faut adapter ses choix à chaque cuvée.

Pour mon Blanc 2019, j’ai décidé de le filtrer sur terre pour retirer les éléments les plus grossiers, les colloïdes. Puis je l’ai mis en bouteille en le filtrant encore un peu plus serré parce qu’il présentait un risque de refermentation en bouteille. Cela peut arriver. Les levures n’ont pas consommé tout le sucre et les bactéries lactiques n’ont pas procédé à la fermentation malolactique (2e fermentation après la fermentation alcoolique qui crée l’alcool). Et des bactéries qui décideraient de se remettre au boulot aidées par le sucre …. ben ça fait des bulles et des bouchons qui sautent ! Mais pas de ça chez le Cochon Zébré, j’ai donc choisi un filtration qui élimine les bactéries.

Pour le Rouge 2019, moins de risque mais un vin qui est surpris par le contact à l’oxygène. Alors le soufre (parfois vite décrié – j’y reviendrai plus tard) m’aide à le stabiliser et à révéler ses arômes. J’ai dégazé cette cuvée qui contenait trop de CO2, ce qui le rendait « perlant ». Puis je l’ai mis en bouteilles sans filtration particulière parce que la fermentation malolactique était faite et qu’il n’y avait aucun sucre résiduel.

Mise en bouteille en période de confinement …

Je n’ai plus qu’à vous faire goûter maintenant et partager avec vous mes créations !