Il y a comme un vent d’ange

La cave a connu une grande activité ces derniers jours. Les vignes ont porté à terme leurs fruits et nous avons récolté de beaux raisins, sains et mûrs. La quantité récoltée était à la hauteur de mes attentes.

© Claude Hubert Textimages

Le pressurage a été un peu ardu parce que les raisins étaient très pulpeux et les peaux parfois épaisses. C’est le résultat des épisodes « caniculaires » de l’été. La conséquence ? Un peu moins de jus qu’escompté.

© Claude Hubert Textimages

Mais ce bémol est vite balayé par des fermentations qui s’enclenchent vite et qui avancent bien. C’est l’assurance d’un vin net et sans défaut.

Tout n’est pas joué.

Il faut bientôt décuver les rouges. En effet, les grappes de raisin rouge sont mises en cuve pour macérer et fermenter « en grappes entières ». C’est lors de cette étape que la couleur des pellicules marque le jus et que certains composés (tanins par exemple) passent en solution dans le futur vin. A l’issue de la macération le jus est tiré et les grappes sont pressées pour en extraire les jus encore emprisonnés.

Puis il s’agira de laisser du temps au vin afin qu’il s’arrondisse, qu’il s’assouplisse.

Mais nous avons la promesse d’un beau millésime.

Dans la famille vigne, je voudrais le Père

À la vigne, le padre c’est l’Aunis. Le pineau d’Aunis pour être plus exact. C’est NOTRE cépage emblématique !

Il est robuste, rustique, un peu caractériel. À travers ma (pour le moment) courte expérience je dirais qu’il est plutôt facile à la vigne (peu risqué en matière de gel, moins sensible à la maladie, des rameaux au port bien dressé) et un peu contrariant en cave. Il faut savoir le prendre pour extraire en douceur et en délicatesse ses arômes. Mais au final on ne peut pas s’en passer.

Bref, un vrai papa !

Les petits grandissent vite !

En ce moment, voilà à quoi ressemblent les petits du Cochon Zébré …

Les raisins grossissent tranquillement et sainement. Les températures plus fraîches ne précipitent pas leur croissance. Le vignoble est indemne de maladie. Je suis occupée à palisser les vignes (maintenir la végétation entre les fils) et à travailler les sols pour limiter l’enherbement afin que ce dernier ne vienne pas concurrencer la vigne.

Les légumes (carottes et betterave) sont semées et font la course avec les adventices (« mauvaises herbes ») que je vais devoir m’atteler à retirer.

Salon des vins Côteaux du Loir et Jasnières au Mans – 4 et 5 juillet 2020

La ferme du Cochon Zébré vous accueille le premier samedi de chaque mois ! Mais en juillet, les 4 et 5, c’est à l’Abbaye de l’Epau (le Mans) qu’il faut venir !

Le Salon des vins Côteaux du Loir et Jasnières a lieu dans ce cadre somptueux et j’y serai pour vous faire découvrir ou redécouvrir les deux cuvées 2019 ainsi que le jus de betterave / pomme.

Les bouteilles sont réutilisables !

Les bouteilles de vins (et bientôt celles de jus !) sont réutilisables ! Si elles portent le logo « Bout à bout » vous pouvez les rapporter à la ferme. Je les stocke et les renvoie dans la filière de consigne des Pays de la Loire « Bout à Bout ». Elles seront lavées, reconditionnées et je les récupère pour une prochaine mise en bouteille.

Acheminer, laver et reconditionner les bouteilles est moins coûteux énergétiquement que collecter, concasser et refondre le verre.

La vigne fleurit

En toute discrétion, en émanant une odeur délicate, la vigne fleurit ces jours-ci. Le temps est idéal pour la floraison : du soleil et du vent. Les parcelles de Chenin les plus hautes en « altitude » sont complètement en fleur. Le Pineau d’Aunis lui n’a pas encore commencé. Chacun son tour.

Cette étape est délicate. Si la floraison ne se déroule pas correctement la fécondation des fleurs n’est pas optimale. Il faut qu’au moins deux des quatre ovules soient fécondés. Ce sont deux pépins !

Réflexion virale

Et en 2020, le Covid s’invita à notre printemps. Quel chamboulement (le mot est faible pour les familles endeuillées et les travailleurs exténués) !

A la ferme, rien n’a vraiment changé. Les vignes nous ont rappelé (très tôt) qu’elles avaient un objectif : pousser, grandir, grossir. Le paysage est cependant devenu plus silencieux et les routes moins fréquentées. Pompon et moi-même n’en étions que plus à l’aise.

Sandra, maraîchère à Ruillé-sur- Loir à mobiliser différents producteurs pour créer un point de distribution de nos produits en toute sécurité. Un groupe de producteurs s’est donc organisé et fédéré autour d’elle. Aujourd’hui, nous avons un point de vente à Ruillé sur Loir et nous travaillons pour le pérenniser.

D’autres réseaux de ce type se sont mis en place à travers la France. Ce que nous pouvons remarquer c’est que les petites structures agricoles sont réactives, inventives et proches de leurs clients. C’est ce en quoi je crois pour l’avenir et j’espère que vous y trouverez votre place.