La vigne fleurit

En toute discrétion, en émanant une odeur délicate, la vigne fleurit ces jours-ci. Le temps est idéal pour la floraison : du soleil et du vent. Les parcelles de Chenin les plus hautes en « altitude » sont complètement en fleur. Le Pineau d’Aunis lui n’a pas encore commencé. Chacun son tour.

Cette étape est délicate. Si la floraison ne se déroule pas correctement la fécondation des fleurs n’est pas optimale. Il faut qu’au moins deux des quatre ovules soient fécondés. Ce sont deux pépins !

Réflexion virale

Et en 2020, le Covid s’invita à notre printemps. Quel chamboulement (le mot est faible pour les familles endeuillées et les travailleurs exténués) !

A la ferme, rien n’a vraiment changé. Les vignes nous ont rappelé (très tôt) qu’elles avaient un objectif : pousser, grandir, grossir. Le paysage est cependant devenu plus silencieux et les routes moins fréquentées. Pompon et moi-même n’en étions que plus à l’aise.

Sandra, maraîchère à Ruillé-sur- Loir à mobiliser différents producteurs pour créer un point de distribution de nos produits en toute sécurité. Un groupe de producteurs s’est donc organisé et fédéré autour d’elle. Aujourd’hui, nous avons un point de vente à Ruillé sur Loir et nous travaillons pour le pérenniser.

D’autres réseaux de ce type se sont mis en place à travers la France. Ce que nous pouvons remarquer c’est que les petites structures agricoles sont réactives, inventives et proches de leurs clients. C’est ce en quoi je crois pour l’avenir et j’espère que vous y trouverez votre place.

J’ai confiné mes vins !!

Après avoir bichonné les vignes, redressé leurs branches, soigné leurs maux et cueilli leurs fruits, je me suis appliquée à créé à partir d’eux deux cuvées. Mes premiers vins. Mon premier millésime.

Il était temps de les enfermer dans les flacons qui j’espère rejoindront vos tables ! Mais avant cela il faut goûter et analyser les vins. Le vin qui est en cuve à la cave n’est pas exactement celui que vous trouvez en bouteille. Il est moins limpide, plus gazeux, un peu fragile parfois. Un vin est unique. Ces composants ne sont jamais équilibrés de la même manière et il faut adapter ses choix à chaque cuvée.

Pour mon Blanc 2019, j’ai décidé de le filtrer sur terre pour retirer les éléments les plus grossiers, les colloïdes. Puis je l’ai mis en bouteille en le filtrant encore un peu plus serré parce qu’il présentait un risque de refermentation en bouteille. Cela peut arriver. Les levures n’ont pas consommé tout le sucre et les bactéries lactiques n’ont pas procédé à la fermentation malolactique (2e fermentation après la fermentation alcoolique qui crée l’alcool). Et des bactéries qui décideraient de se remettre au boulot aidées par le sucre …. ben ça fait des bulles et des bouchons qui sautent ! Mais pas de ça chez le Cochon Zébré, j’ai donc choisi un filtration qui élimine les bactéries.

Pour le Rouge 2019, moins de risque mais un vin qui est surpris par le contact à l’oxygène. Alors le soufre (parfois vite décrié – j’y reviendrai plus tard) m’aide à le stabiliser et à révéler ses arômes. J’ai dégazé cette cuvée qui contenait trop de CO2, ce qui le rendait « perlant ». Puis je l’ai mis en bouteilles sans filtration particulière parce que la fermentation malolactique était faite et qu’il n’y avait aucun sucre résiduel.

Mise en bouteille en période de confinement …

Je n’ai plus qu’à vous faire goûter maintenant et partager avec vous mes créations !

Ladies and gentlemen, let me introduce you POMPON !!

Dans les vignes beaucoup de travaux se font à la main : la taille, les vendanges, l’ébourgeonnage, l’accolage. Mais je passe aussi beaucoup de temps sur un tracteur et le plus souvent c’est POMPON ! C’était le tracteur de mon grand-père puis de mon père. Il en a vu d’autres en somme !

Avec lui je travaille les sols, broie les sarments et l’herbe et je déplace des charges dans des remorques ou plateaux. Éventuellement je peux atteler un pulvérisateur pour des tisanes de plantes (sans cabine ce n’est pas très conseillé de pulvériser les produits comme le soufre et le cuivre sauf dans une combinaison assez inconfortable. Bien que ces produits ne soient pas les plus dangereux leur contact prolongé avec la peau n’est pas conseillé). Pour effectuer mes traitements, mon ami et mentor Sébastien me prête son pulvérisateur et son super-tracteur-vachement-plus-récent-et-précis-que-pompon. Mais chuuuuut ne lui dites pas il se vexerait.

La maman du Cochon Zébré

Il n’y a donc que des femmes dans cette histoire ? Meuh non !

En tout cas le petit cochon zébré qui orne mes bouteilles est la création de Nathalie Grenier, peintre et graveur, installée au magnifique lieu dit de la Richardière à Lhomme. Au coeur du vignoble Nathalie a créé son atelier et quelques ateliers-cousins pour résidences d’artistes.

N’hésitez pas à vous rendre à la Richardière lorsque les portes sont ouvertes ! Il y a parfois des expositions, des ateliers-ouvert, des stages

Et pssst MERCI Nathalie !

Le jus de betterave fait des heureux !

Non non cet enfant n’a pas dévoré sa petite sœur ! Il a juste bu un bon verre de jus de Betterave / pomme !

Pour élaborer cette recette j’ai choisi la betterave Robuschka commercialisée par Germinance, une entreprise artisanale et indépendant basée en Anjou. Cette entreprise travaille avec des producteurs de semences comme Thomas Levillain, maraîcher tout près d’ici à Thoiré-sur-Dinan.

Cette betterave est reconnue pour sa saveur fruitée et sucrée. Elle est pleine d’antioxydant (très bons éléments « anti-cancer »), de fer qui aide la régénération du sang et de nitrate qui diminue le besoin en oxygène de nos muscles et nous procure donc plus d’énergie ! Le jus de pomme, par son acidité, contrebalance le sucre de la betterave et apporte la fraîcheur.

Bref une recette novatrice, simple et saine ! Venez la découvrir chaque 1er samedi du mois à la ferme de 11h à 19h.

Ce n’est pas le bout du monde

J’ai taillé l’après midi dos au vent (grrr il m’agace celui là !), ce qui en l’occurrence signifiait aussi dos au soleil.

À la fin de mon rang j’ai relevé la tête et je me suis tournée. J’étais époustouflée par le soleil couchant.

C’est une des chances que le métier de paysan offre : être au contact des éléments, ne pas les oublier.

Ces éléments que nous ne maîtrisons pas nous font vivre tantôt un grand bonheur : un souffle de vent rafraîchissant lors d’une journée d’été à palisser ; et parfois nous abattent : quelques heures de gel dévastatrices. Mais c’est le « deal ».

Ce deal je l’ai accepté. Mais nous devrions tous l’accepter et soutenir les producteurs qui nous nourrissent, même dans ces coûts durs.

Enfin pour l’heure, la nuit et tombée et la vigne va très bien.

Tiens un joli bouquet !

Ah les ronces ! Nos amis les ronces ! Le cauchemar des vendangeurs.

En bio pas de désherbant donc naturellement les adventices (les plantes qui poussent spontanément sans avoir été implantées) couvrent le sol. Tant mieux car leurs racines permettent d’aérer le sol, à la pluie de s’infiltrer et autres services gratuits.

Bon certaines d’entre elles sont un peu piquantes et nous font citer quelques noms d’oiseau en taillant par exemple. « Nom d’un Tarin des aulnes ! Foutu Sansonnet ! Maudit Pouillot véloce ! »

Mais j’ai des outils mécaniques pour limiter l’implantation de l’herbe qui peut aussi concurrencer les vignes. On en parlera plus tard dans l’année.