Les variables d’ajustement

Les agriculteurs sont en colère !

Le Cochon Zébré a bientôt 5 ans. Depuis le début je vous raconte mes réussites, vous invite à venir célébrer, visiter, partager. C’est le moteur de mon activité.
Mais je ne cache pas les galères, les erreurs, les inquiétudes. Je me joins, à ma manière, au mouvement national avec cet article.
Depuis 5 ans je constate que JE suis une variable d’ajustement.

Tout a augmenté ! Le prix des bouteilles, des cartons, du gasoil, des poteaux, des produits phytosanitaires … J’ai investi dans un tracteur d’occasion en 2023. Non seulement les occasions étaient très rares mais en plus elles étaient 20 à 40% plus cher qu’il y a 5 ans lorsque j’ai planifié cet investissement. Embaucher coûte plus cher. Mais la nature ne nous attend pas, le travail doit être fait, les vin embouteillés, les vignes entretenues. Nous n’avons donc pas le choix que d’accepter ces tarifs. On s’adapte.

La vente de vin change considérablement et très vite. Les habitudes de consommation, les budgets des ménages, la morosité, le Covid, l’influence de telle guerre, tel accord ou telle politique punitive, etc. Le marché BIO est très déstabilisé ces derniers temps. Je fais en sorte de ne pas augmenter le prix des vins pour que mes clients ne deviennent pas MA variable d’ajustement. Je démarche Angers, j’organise plus d’évènements, je m’investis dans un Magasin de producteurs, je communique. On se retrousse les manches.

Le climat est très imprévisible. En 2021 j’ai perdu 75% de ma récolte de raisins. En 2019, je débutais avec à peine une moitié de récolte. L’assurance gel/grêle qui me couvrait annonce en 2023 +70% du prix de la cotisation … ! Alors il faut re-négocier, faire des devis pour un autre type d’assurance, réfléchir à sécuriser l’entreprise autrement même si Mère nature décide de tout reprendre l’année prochaine. On réfléchit.

Les normes de production évoluent souvent. La traçabilité de la production alimentaire est fastidieuse. La numérisation a permis de simplifier le travail au sein des administrations mais c’est nous qui devons renseigner, remplir, renvoyer, nous connecter, signer en ligne … On se plie aux règles.

Et tout ça prend tellement de temps ! Il faut sans cesse rebondir, trouver des solutions, répondre à la nouvelle norme. J’ai parfois la sensation de naviguer à vue et ce n’est pas confortable. Je trouve à peine le temps de râler. Pire, j’ai à peine le temps de penser ! …

Je vois des collègues qui mettent la clef sous la porte, qui baissent les bras (qu’ils ont fatigués), qui ne se payent plus. On renonce.
Mais qui va produire nos légumes, nos fromages, notre viande, notre vin, si nous renonçons ?

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Je vous laisse prendre connaissance du communiqué de presse FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) / CAB (Coordination Agrobiologique) Pays de la Loire

COLÈRE AGRICOLE : LA BIO N’EST PAS ÉPARGNÉE !

La colère qui monte ces derniers jours dans le monde rural est le symptôme d’un malaise profond de la profession agricole. Quel que soit le modèle de production choisi aujourd’hui, intensif ou vertueux, le revenu des agriculteurs continue de se dégrader. Et l’agriculture biologique n’échappe pas à cette situation. Perte de l’aide au maintien en 2017, baisse des aides environnementales avec la nouvelle PAC, écroulement des prix payés aux producteurs par le marché depuis deux ans. La situation sur le terrain devient intenable et elle risque d’entraîner un recul du modèle biologique. La FNAB appelle à une revalorisation urgente du revenu agricole biologique, à la hauteur des services rendus.

Rémunérer les services environnementaux
Que ce soit pour des raisons de protection de l’eau, de respect du bien-être animal ou de respect de la biodiversité, les collectivités, la recherche, les pouvoirs publics, les citoyens reconnaissent tous les apports du modèle de production biologique. « Certains subissent la norme, nous en bio la norme nous la dépassons pour produire dans le respect de la nature, pourtant personne ne nous paye aujourd’hui pour ces services rendus » explique Loic Madeline, secrétaire national en charge de la PAC à la FNAB. En 2017, le gouvernement décide de supprimer l’aide au maintien, seule rémunération des services rendus par les agriculteurs biologiques. « C’est simple, entre la précédente PAC et la nouvelle PAC on est passé de 202 euros d’aides environnementales moyennes par hectare et par an à 92, alors que la société veut plus de verdissement, on nous rémunère encore moins qu’avant pour le faire ».

La FNAB/CAB Pays de la Loire demandent :

  • Un nouveau plan d’urgence à la hauteur des pertes subies par les filières, à savoir plus de 250 millions d’euros par an depuis deux ans
  • Une reconnaissance des paiements pour services environnementaux avec une hausse de l’écorégime bio à 145 euros par hectare et par an

Le juste prix, c’est celui qui prend en compte les coûts de production

Les agriculteurs biologiques, comme les autres, ont subi ces dernières années la hausse des charges dont le prix des carburants. Pourtant, dans les négociations commerciales les hausses de prix sont refusées aux producteurs biologiques, alors que le prix final au consommateur augmente. Pire, les prix d’achat s’écroulent dans plusieurs productions. « En bio, la loi EGAlim est tout simplement inefficace. Les coûts de production ne sont pas pris en compte pour fixer le prix et surtout, nous n’avons aucune donnée sur les marges des différents intermédiaires entre nous et le consommateur » explique Philippe Camburet, président de la FNAB.

La FNAB/CAB Pays de la Loire demandent :

  • que les pouvoirs publics fassent respecter la loi EGAlim
  • que les coûts de production servent de référence à la fixation des prix d’achats
  • et que les marges nettes des intermédiaires agro-industriels sur les produits bio soient rendues publiques.