Plutôt habillés mais souriants et pédagogiques les paysan.nes de Sarthe vous accompagneront pendant cette année 2026 en égrainant les valeurs qu’ils incarnent. Créé par le talentueux paysan-photographe Vincent Osbert, ce calendrier en plus d’être pratique est militant !
Notre petit groupe de citoyennes de Dissay et des alentours vous invite à notre Bric à brac démocratique ! Nous n’avons rien à vendre mais plein de choses à dire ! Tout au long de la journée sur notre stand et au sein du bric à brac, nous vous proposons un condensé de territoire et beaucoup de sourires !
des temps d’échanges et des espaces de paroles autour de questions démocratiques et de tous les jours ( les impôts à quoi ça sert, les réseaux de solidarité en danger, comment la coupe des subventions impacte directement certain.e.s habitant.e.s de ce territoire avec l’appui de témoignages)
du recueil de paroles orales ou écrites
des interventions artistiques porteuses d’un engagement politique et / ou de conscience collective
Qui sommes nous ? Avant tout des citoyennes mais il s’avère que nous sommes conteuses, danseuses, kiné, maraichère, conseillère d’insertion, vigneronne, marionnettiste … et tant d’autres choses ! Et surtout nous sommes pressées de vous rencontrer !
Radio Prévert nous a permis d’en dire un peu + dans cette interview !
Pour entendre un autre son de cloche sur « la crise agricole » qui est très multiple en réalité. Retour sur une petite action intelligente de la Confédération Paysanne à Tours où j’ai eu l’occasion de m’exprimer. Le podcast ici
Le Cochon Zébré a bientôt 5 ans. Depuis le début je vous raconte mes réussites, vous invite à venir célébrer, visiter, partager. C’est le moteur de mon activité. Mais je ne cache pas les galères, les erreurs, les inquiétudes. Je me joins, à ma manière, au mouvement national avec cet article. Depuis 5 ans je constate que JE suis une variable d’ajustement.
Tout a augmenté ! Le prix des bouteilles, des cartons, du gasoil, des poteaux, des produits phytosanitaires … J’ai investi dans un tracteur d’occasion en 2023. Non seulement les occasions étaient très rares mais en plus elles étaient 20 à 40% plus cher qu’il y a 5 ans lorsque j’ai planifié cet investissement. Embaucher coûte plus cher. Mais la nature ne nous attend pas, le travail doit être fait, les vin embouteillés, les vignes entretenues. Nous n’avons donc pas le choix que d’accepter ces tarifs. On s’adapte.
La vente de vin change considérablement et très vite. Les habitudes de consommation, les budgets des ménages, la morosité, le Covid, l’influence de telle guerre, tel accord ou telle politique punitive, etc. Le marché BIO est très déstabilisé ces derniers temps. Je fais en sorte de ne pas augmenter le prix des vins pour que mes clients ne deviennent pas MA variable d’ajustement. Je démarche Angers, j’organise plus d’évènements, je m’investis dans un Magasin de producteurs, je communique. On se retrousse les manches.
Le climat est très imprévisible. En 2021 j’ai perdu 75% de ma récolte de raisins. En 2019, je débutais avec à peine une moitié de récolte. L’assurance gel/grêle qui me couvrait annonce en 2023 +70% du prix de la cotisation … ! Alors il faut re-négocier, faire des devis pour un autre type d’assurance, réfléchir à sécuriser l’entreprise autrement même si Mère nature décide de tout reprendre l’année prochaine. On réfléchit.
Les normes de production évoluent souvent. La traçabilité de la production alimentaire est fastidieuse. La numérisation a permis de simplifier le travail au sein des administrations mais c’est nous qui devons renseigner, remplir, renvoyer, nous connecter, signer en ligne … On se plie aux règles.
Et tout ça prend tellement de temps ! Il faut sans cesse rebondir, trouver des solutions, répondre à la nouvelle norme. J’ai parfois la sensation de naviguer à vue et ce n’est pas confortable. Je trouve à peine le temps de râler. Pire, j’ai à peine le temps de penser ! …
Je vois des collègues qui mettent la clef sous la porte, qui baissent les bras (qu’ils ont fatigués), qui ne se payent plus. On renonce. Mais qui va produire nos légumes, nos fromages, notre viande, notre vin, si nous renonçons ?
N’hésitez pas à partager sur vos réseaux / en parler autour de vous !
Je vous laisse prendre connaissance du communiqué de presse FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) / CAB (Coordination Agrobiologique) Pays de la Loire
COLÈRE AGRICOLE : LA BIO N’EST PAS ÉPARGNÉE !
La colère qui monte ces derniers jours dans le monde rural est le symptôme d’un malaise profond de la profession agricole. Quel que soit le modèle de production choisi aujourd’hui, intensif ou vertueux, le revenu des agriculteurs continue de se dégrader. Et l’agriculture biologique n’échappe pas à cette situation. Perte de l’aide au maintien en 2017, baisse des aides environnementales avec la nouvelle PAC, écroulement des prix payés aux producteurs par le marché depuis deux ans. La situation sur le terrain devient intenable et elle risque d’entraîner un recul du modèle biologique. La FNAB appelle à une revalorisation urgente du revenu agricole biologique, à la hauteur des services rendus.
Rémunérer les services environnementaux Que ce soit pour des raisons de protection de l’eau, de respect du bien-être animal ou de respect de la biodiversité, les collectivités, la recherche, les pouvoirs publics, les citoyens reconnaissent tous les apports du modèle de production biologique. « Certains subissent la norme, nous en bio la norme nous la dépassons pour produire dans le respect de la nature, pourtant personne ne nous paye aujourd’hui pour ces services rendus » explique Loic Madeline, secrétaire national en charge de la PAC à la FNAB. En 2017, le gouvernement décide de supprimer l’aide au maintien, seule rémunération des services rendus par les agriculteurs biologiques. « C’est simple, entre la précédente PAC et la nouvelle PAC on est passé de 202 euros d’aides environnementales moyennes par hectare et par an à 92, alors que la société veut plus de verdissement, on nous rémunère encore moins qu’avant pour le faire ».
La FNAB/CAB Pays de la Loire demandent :
Un nouveau plan d’urgence à la hauteur des pertes subies par les filières, à savoir plus de 250 millions d’euros par an depuis deux ans
Une reconnaissance des paiements pour services environnementaux avec une hausse de l’écorégime bio à 145 euros par hectare et par an
Le juste prix, c’est celui qui prend en compte les coûts de production
Les agriculteurs biologiques, comme les autres, ont subi ces dernières années la hausse des charges dont le prix des carburants. Pourtant, dans les négociations commerciales les hausses de prix sont refusées aux producteurs biologiques, alors que le prix final au consommateur augmente. Pire, les prix d’achat s’écroulent dans plusieurs productions. « En bio, la loi EGAlim est tout simplement inefficace. Les coûts de production ne sont pas pris en compte pour fixer le prix et surtout, nous n’avons aucune donnée sur les marges des différents intermédiaires entre nous et le consommateur » explique Philippe Camburet, président de la FNAB.
La FNAB/CAB Pays de la Loire demandent :
que les pouvoirs publics fassent respecter la loi EGAlim
que les coûts de production servent de référence à la fixation des prix d’achats
et que les marges nettes des intermédiaires agro-industriels sur les produits bio soient rendues publiques.
Je voudrais d’abord vous souhaiter le meilleur, le meilleur de vous pour le monde, le meilleur du monde pour vous.
L’année dernière Le Cochon Zébré a beaucoup grandi. En reprenant les vignes de Michel et Sylvie Chevalier à Montabon, le vignoble est passé de 1.5 à 3 ha. On a doublé ! Et redoublé d’efforts pour surmonter une année végétative exigeante. Les pluies répétées ont entraîné une cadence infernale de traitements et de travail des sols pour maîtriser la maladie et l’enherbement. J’ai beaucoup embauché pour que les travaux ne prennent pas de retard. Tout ce travail a payé avec une récolte pléthorique ! Les vendanges n’ont pas été de tout repos. La pluie diluait le sucre dans les raisins et encourageait le développement des moisissures. Avec une équipe de salariés investis et appliqués nous avons récolté en deux passages, à la main, en triant précautionneusement chaque grappe. J’ai surveillé les vinifications comme le lait sur le feu et écouté les précieux conseil de Sandrine Pairel, œnologue et amie. C’était un millésime complexe. Mais là encore le travail paye, parce que les vins ont fini leurs fermentations et sont aujourd’hui en élevage en fût et en cuve pour tout l’hiver et plus. L’activité céréalière de la ferme a été franchement pénible en 2023. Le contexte tendu du marché des céréales bio pousse les coopératives à être très exigeantes envers les producteurs. En clair, elles refusent des lots pour ne pas avoir à les vendre car ils n’ont pas les clients sous la main. Nous, producteurs, sommes donc la variable d’ajustement ! Pourtant certaines cultures étaient très réussies. Le sarrasin était magnifique. Un trentaine de ruches ont d’ailleurs été installées par deux apiculteurs. Une nouvelle collaboration a vu le jour entre la ferme de l’Hêtre Rousseau de Thomas Levillain et le Cochon Zébré. Ils ont fait poussé les betteraves, carottes et céleri bio qui composent les jus de légumes avec les pommes de Michel Chevalier. La ferme a ouvert ses portes chaque premier samedi du mois et parfois avec une proposition plus élaborée. Au Printemps Bio, à Vigne Vin et Rando et bien sûr pour les Caves de Noël. Noémie a conté, Adeline a exposé, Maxime et Gilles ont joué, Pierrick a dédicacé, Carole et Pollène ont exposé … Ce sont autant de moments de création commune, de partage, d’ouverture qui nourrissent le projet de la ferme. Oui il a bien grandi le Cochon Zébré.
Et en 2024, La ferme accueille son premier salarié permanent ! Geoffrey me rejoint et va bénéficier d’un programme de formation afin de prendre en charge le travail à la vigne et d’entretien général de la ferme. L’objectif est de consacrer plus de mon temps à l’accueil sur la ferme, à l’administratif (grrr) et la commercialisation. Dans les vignes, au delà de l’entretien habituel, l’objectif est d’accompagner la jeune plantation de 2023 et les complantations de 2021. Elles représentent 25% du vignoble. Il me restera 20% du vignoble à remettre en état par la suite. L’activité céréalière va être complètement repensée. Une grande plantation de 6 ha en agroforesterie va être réalisée. Avec l’appui de ma sœur et de ma maman et de Sylvaloir, nous souhaitons planter un maximum de haies et d’arbres agroforestiers. De nombreux évènements vont jalonner l’année : la Saint Vincent, le salon des vins de l’Abbaye de l’Epau, le Printemps Bio, la Guinguette des Vignerons de Marçon, Vigne Vin et Rando, les Caves de Noël et peut être d’autres … Je prend beaucoup de plaisir à construire des partenariats avec des artistes et artisans, à embellir le lieu de la cave, à vous recevoir et vous offrir des moments chaleureux, généreux, riches. En 2024, je souhaiterai y consacrer encore plus de mon énergie …
A l’arrivée du Printemps la presse a fait une jolie place au Cochon Zébré à la une du Maine Libre et Radio Alpes Mancelles diffuse une interview fouillée sur la ferme et son fonctionnement. Retrouvez l’article et l’interview dans ma revue de presse ! C’est toujours un plaisir de parler de mon travail, de vous expliquer les choix que je fais, de parler des problématiques rencontrées. Merci à Natasha et Leslie.
Cette semaine, un début d’après midi, dans les vignes, en train de tailler du Chenin, nous nous sommes posés Jumbo et moi, la truffe au vent parce qu’un air de printemps était venu nous chatouiller le nez. Un assemblage d’odeurs d’herbe fraîche, bulbe en fleur, humus et jeunes pousses … Dingo !
Arrive avec ces petits indices le sentiment ambiguë de « l’urgence du printemps ». Le corps se réveille, les idées fusent et la liste des tâches s’allonge. Je suis en pleine épanouissement mais comme déjà en retard.
Mais quel luxe, quel bonheur d’avoir un travail qui me permette d’être au diapason avec la nature.
En ce moment à la ferme : taille des Chenin, remise en forme du palissage, semis du quinoa, amendement du blé, formations (couverts végétaux, taille des arbres, cnv), planification du printemps (embauches, mises en bouteille), comptabilité (déclaration TVA).
C’est une de mes motivations pour faire ce métier de paysanne vigneronne, les paysages de la vallée du Loir.
Paysan, paysage, pays sage.
Nous avons le privilège de vivre dans un endroit de France où les paysages sont diversifiés : forêts, bosquets, champs, prairies, vignes, lacs, rivière …
Cette diversité est riche : biodiversité, diversification des ressources, tourisme et BEAUTÉ !!
C’est parce qu’il y a une agriculture variée que les paysages sont encore multiples. Soutenir les petites structures paysannes c’est l’assurance de conserver ces vues hors du commun